Marionnette virus

Un complot…

Si le progrès technologique nous a permis d’arriver aujourd’hui à la dernière étape de notre projet, le transhumanisme, il a aussi créé un problème pour la classe dirigeante : la surpopulation. […] Chaque année, c’est l’équivalent de dix villes peuplées comme New York qui vient s’ajouter sur notre belle Terre. Si la croissance de la population continue sur ce même rythme, nous serons 15 milliards avant 2100.

15 milliards ! Te rends-tu compte de ce que cela signifie ? Comment penser que nos façons de vivre pourront perdurer dans un monde surpeuplé ? C’est bien pourquoi nous devons penser dès aujourd’hui à la refonte totale de l’humanité, si nous voulons que le Système mis en place depuis 150 ans puisse perdurer et que ceux qui gouvernent aujourd’hui le monde conservent, demain, leur prééminence. Si nous n’instaurons pas une dictature rigoureuse, ce sera l’heure des loups. Nous serons dépassés. Le Système s’effondrera sous la pression du nombre, car plus une population est nombreuse, plus il est difficile de la contrôler, et plus il est à craindre que se créent des contre-pouvoirs. Depuis quelques années et partout sur la planète, quels que soient les gouvernements en place, beaucoup commencent à mettre en doute le pouvoir tel qu’il existe, et à menacer la survie des plus riches. Il faut donc régler ce problème à la source. Il faut moins d’humains. Une population moins nombreuse sera plus facile à contrôler. […]

Nous avons eu une idée de génie en désignant l’homme comme étant la source du réchauffement climatique, car quelle est la seule chose que partagent les peuples, sans distinction de culture ou de religion, si ce n’est la planète ? En répétant jour après jour à toutes les populations du monde qu’elles sont la cause de tant de pollution qui mine leur belle Terre, nous leur ferons plus aisément accepter le monde que nous préparons. Elles considèreront finalement comme un avantage que leurs villes soient moins grouillantes de vies humaines. Avec l’écologie, nous avons fondé une nouvelle philosophie, une religion commune à tous. Les experts du climat sont les nouveaux prédicateurs bibliques, et ceux qui ne vivent pas selon les préceptes de cette nouvelle religion sont désignés comme de mauvais citoyens du monde. La chasse aux sorcières formule New Age peut commencer.

Il y a d’ailleurs un moment, avant la fin de cette décennie, où nous cesserons de faire semblant de sauver la planète, parce que nous savons que nous avons un moyen bien plus radical de la sauver que les accords de Paris ou autres.[…]

Ceux qui survivront le mieux au virus seront ceux, jeunes adultes en bonne santé, qui appartiennent aujourd’hui à la génération qu’on éduque à l’écologie comme jamais auparavant. Ce seront, de fait, ceux qui seront le plus à même d’accepter le monde tel qu’il sera après Oméga, au nom de l’écologie, et qui poseront le moins de questions.[…]

Malheureusement, depuis l’arrivée d’Internet, il est plus difficile de faire les choses discrètement. Les peuples sentent qu’il se passe quelque chose contre eux. Il va nous falloir lancer le virus avant d’être démasqués. Mais il faut encore quelques années avant qu’il soit parfaitement au point. Si nous ne supprimons que 50% de la population, ce sera un échec. Il faut que plus de 90% des humains disparaissent. Selon nos scientifiques qui travaillent dessus, Oméga devrait être opérationnel au début de la décennie prochaine. […]

Si nous ne lancions pas ce virus, la nature elle-même se chargerait de faire le ménage dans toute cette masse d’humains, mais quand ? Et puis nous ne contrôlerions pas qui serait touché, et qui serait épargné. Si nous voulons choisir qui doit vivre et qui doit mourir, nous n’avons d’autre choix que de fabriquer et lancer ce virus nous-mêmes. Après tout, il est de notre devoir de diriger ce monde. Le monde a besoin de chefs, les gens sont incapables de se gouverner tout seuls. C’est notre mission.

Ce sont nos multinationales qui font vivre le monde. Il n’est donc pas question de laisser les Etats nous imposer leurs lois. C’est aux multinationales, et donc à nous, d’imposer nos lois aux Etats et, partant, aux peuples. Nous sommes l’Etat, et les citoyens ne sont là que pour servir l’Etat. Le peuple a besoin de chefs auxquels obéir aveuglément. Cela lui permet de dormir tranquillement.

Quoi que nous fassions, un chaos mondial dû à la surpopulation se produira, qui conduira à d’insupportables violences. On peut soit prier pour l’éviter, soit créer les conditions favorables qui permettront qu’après ce chaos, un monde différent s’installera. C’est cette dernière option que nous avons choisie. […]

Nous voulions diminuer la population sans qu’il y ait de chaos. Pas tant pour la population elle-même que pour éviter les désagréments inévitables pour nous, cela va de soi. […] Ce virus, que nous avons nommé Omega, est la solution la plus propre envisageable. Le chaos momentané qu’il entraînera est un corollaire inévitable, mais le chaos disparaîtra peu à peu, pour laisser la place au monde que nous aurons créé. […]

Même en constatant tout ce que nous mettrons en place afin de nous orienter vers Oméga et la société qui en résultera, personne n’y croira. Personne, en effet, ne pourra ou ne voudra croire que nous sommes capables d’envisager la réduction de la population par la propagation d’un virus. La naïveté et l’angélisme sont les deux mamelles auxquelles s’abreuvent aujourd’hui les démocraties. […]

Nous ne pouvons cependant nous contenter de diminuer le nombre d’humains sur Terre, car dans quelques décennies, la population se sera à nouveau multipliée, engendrant les mêmes problèmes d’accès à l’eau, à la nourriture et aux ressources. Il nous faut donc aussi créer une nouvelle humanité, à la mentalité totalement différente de ce qu’elle est aujourd’hui.

Ce à quoi nous voulons parvenir, c’est à une humanité indifférenciée, une humanité nomade, qui ne possède pas de racines. Nous voulons faire de l’homme un être interchangeable à volonté, uniquement productiviste. Pour cela, il va nous falloir détruire les traditions, nier les identités. De la mondialisation, il nous faut passer au mondialisme.

Si la mondialisation, phénomène naturel, a toujours existé sous la forme d’échanges humains, le mondialisme que nous souhaitons mettre en place participe, lui, d’une mystique d’uniformisation de l’humanité. Nous y parviendrons avec la mise en place d’un gouvernement mondial, d’une langue, d’une culture et d’une monnaie communes.

Nous allons créer un monde parfait et propre, où tout le monde aura sa part de bonheur, selon son rang social. Mais la nature humaine étant par définition faillible, il nous faudra imposer ce cadre idyllique artificiel par des moyens technologiques qui nous assureront l’obéissance et la servitude des peuples. Ainsi, sous une liberté apparente, tout sera organisé pour que chacun suive la direction qui aura été choisie pour lui. La majeure partie de l’humanité sera enfermée dans une prison dorée, mais grâce au formatage de leur personnalité, les gens ne s’en rendront pas compte. Nous prendrons le contrôle de leur vie, de leur bonheur, et nous leur dirons ce qu’ils ont le droit de penser ou non.

En une ou deux générations, nous serons parvenus à créer une humanité sans guerre, un monde aseptisé. Ce sera la fin de la liberté et du libre-arbitre pour les classes inférieures et moyennes. Tous seront surveillés dans leurs moindres faits et gestes. Ce n’est qu’au prix de la liberté individuelle de chacun que nous pourrons mettre en place notre dictature du bonheur, afin que les classes supérieures puissent conserver leur pouvoir et leurs privilèges. Nous voulons un asservissement total de l’humanité.

En lançant Oméga, nous résoudrons tous les problèmes de notre époque, qui nous empêchent bien souvent de mener nos affaires comme nous l’entendons : la surpopulation en premier, bien sûr, et son corollaire, la dégradation progressive de la planète ; mais aussi la pauvreté, la montée des populismes, les guerres, le terrorisme, la crise sociétale. […]

Quelques années avant le lancement d’Oméga, nous mettrons à la tête des pays les plus puissants et les plus écoutés de la planète, des personnes totalement acquises à notre cause, que ce soit des milliardaires ou des financiers. Bien sûr, il leur faudra donner l’impression de s’affronter, comme avant, alors qu’elles travailleront toutes dans la même direction : préparer la société mondialisée de l’après-virus. […]

Extrait de mon roman Oméga, Pandémie programmée

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